Les races de chien japonais fascinent par leur morphologie spitz primitive (oreilles dressées, queue enroulée sur le dos, poil épais) et leur tempérament indépendant. Six races sont officiellement reconnues comme « Nihon Ken » (chiens japonais natifs) par le Japan Kennel Club et la Fédération Cynologique Internationale. Voici leur histoire commune et leurs spécificités, avec un focus particulier sur l’akita inu, la seule traitée en fiche détaillée sur ce site à ce jour.
Origine commune : la souche Nihon Ken
Les six races officielles partagent une origine génétique commune remontant à plusieurs millénaires. Les études ADN publiées dans Nature Genetics en 2017 confirment que les races japonaises font partie des plus anciennes lignées canines au monde, avec une proximité génétique marquée avec le loup gris asiatique. La séparation des races actuelles s’est faite au fil des millénaires par sélection régionale dans l’archipel japonais.
Les six races reconnues comme patrimoine national japonais (déclarées « monuments naturels » successivement entre 1931 et 1937) sont :
- Akita inu (préfecture d’Akita) — déclaré 1931
- Kai ken (préfecture de Yamanashi) — déclaré 1934
- Kishu ken (préfectures de Wakayama et Mie) — déclaré 1934
- Shiba inu (variétés régionales unifiées) — déclaré 1936
- Shikoku ken (île de Shikoku) — déclaré 1937
- Hokkaido ken (île de Hokkaido) — déclaré 1937
6 races japonaises emblématiques
Akita inu
30-50 kg, 58-70 cm. La plus grande des races japonaises, originaire de la préfecture d’Akita au nord du Honshu, l’akita inu est rendu mondialement célèbre par l’histoire de Hachiko (1923-1935) qui attendit son maître à la gare de Shibuya pendant 9 ans après sa mort. Tempérament digne, calme, attaché à un seul maître. Méfiance prononcée avec les inconnus. Race classée 2e catégorie en France sans pedigree LOF. Fiche complète akita inu.
Shiba inu
8-14 kg, 36-41 cm. Le plus petit des Nihon Ken et de loin le plus connu après l’akita, le shiba inu est devenu emblématique de la culture pop japonaise (mème « Doge », emoji shiba). Tempérament vif, curieux, indépendant — souvent qualifié de « chat dans un corps de chien ». Pelage dense rouge sésame ou noir-feu. Pas encore de fiche dédiée sur ce site mais à venir.
Hokkaido ken (Ainu)
20-30 kg, 46-52 cm. Originaire de l’île d’Hokkaido au nord du Japon, élevé historiquement par le peuple Ainu pour la chasse à l’ours. Robe variée (rouge, sésame, noir, blanc, bringé). Race rustique, peu fréquente hors du Japon. Très peu d’élevages européens.
Kai ken (chien tigre)
14-18 kg, 45-53 cm. Également appelé Tora Inu (« chien tigre ») pour son pelage bringé caractéristique, le kai est originaire de la région montagneuse de Yamanashi. Élevé pour la chasse au sanglier. Tempérament loyal, méfiant, peu démonstratif. Race rare en France.
Kishu ken
14-25 kg, 46-55 cm. Originaire des montagnes de Wakayama et Mie, le kishu se distingue par sa robe le plus souvent blanche pure (parfois rouge ou sésame). Race de chasse au gros gibier (sanglier, cerf). Tempérament silencieux, patient à la traque, peu aboyeur.
Shikoku ken
16-25 kg, 46-55 cm. Originaire de l’île de Shikoku au sud-ouest du Japon, le shikoku est considéré comme l’une des races les plus proches morphologiquement du loup japonais (Canis lupus hodophilax, éteint en 1905). Tempérament énergique, vigilant, attachement profond au maître. Race rare hors archipel japonais.
Tempérament typique japonais
Au-delà des spécificités de chaque race, les chiens japonais natifs partagent plusieurs traits de tempérament reconnus par les éthologues canins :
- Indépendance marquée : moins « collants » que les races bergères européennes, ils gardent une distance émotionnelle même envers leur maître bien aimé.
- Loyauté concentrée : un seul maître réel dans le foyer, les autres membres sont tolérés mais pas adorés.
- Méfiance envers les inconnus : pas agressifs sans raison, mais distants. Sociabilisation précoce indispensable.
- Propreté quasi féline : se toilettent eux-mêmes, ne dégagent pas d’odeur forte.
- Aboiements rares : préfèrent communiquer par grognements, geignements ou hurlements brefs.
- Instinct de chasse fort : rappel difficile en présence de petits animaux.
Pour cette raison, les races japonaises sont fortement déconseillées en première adoption. L’éducation requiert de la fermeté positive, beaucoup de patience, et une compréhension du tempérament très différent des races européennes habituelles.
Questions fréquentes sur les races de chien japonais
Quelle est la race japonaise la plus populaire en France ?
Le shiba inu domine largement les inscriptions LOF de races japonaises en France depuis 2018, suivi de l’akita inu. Les autres races (hokkaido, kai, kishu, shikoku) restent confidentielles avec moins de 50 inscriptions par an.
Akita inu et akita américain : c’est la même race ?
Non. La FCI a séparé en 1999 l’akita inu (souche pure japonaise, plus petit, robe rouge sésame ou blanche) de l’akita américain (lignée développée aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, plus massif, robes variées dont le brindle accepté). Ce sont deux races distinctes au standard.
Un shiba inu est-il un bon premier chien ?
Globalement non. Malgré sa taille modeste qui peut séduire, le shiba inu a un tempérament indépendant qui rebute les premiers adoptants attendant un compagnon démonstratif. L’éducation au rappel est particulièrement difficile. Préférez un chien plus orienté coopération comme un cocker, un golden retriever ou un cavalier King Charles.
Quelle est l’espérance de vie des races japonaises ?
12-15 ans en moyenne. Les races japonaises ont une longévité supérieure aux races européennes de taille comparable, attribuée à leur diversité génétique préservée et à un standard moins extrême.
Sources
- Standards FCI officiels — groupe 5 (chiens spitz et primitifs)
- Japan Kennel Club — six races Nihon Ken reconnues
- Parker H., Dreger D., et al. (2017). « Genomic Analyses Reveal the Influence of Geographic Origin, Migration, and Hybridization on Modern Dog Breed Development » — Cell Reports, 19(4)