Éducation : Moyen

Setter irlandais : caractère, santé, éducation et prix

Le setter irlandais rouge (FCI n°120) est un chien d'arrêt, pas un chien de salon : besoin de dépense très élevé, maturité tardive. Origines, caractère, deux tests ADN indispensables (rcd1-PRA, CLAD), éducation et prix du chiot LOF.

Chasse . Taille : Grand .

Mis à jour le 23 juillet 2026. Standard FCI n°120 vérifié à la source.

Le setter irlandais en bref

CritèreSetter irlandais rouge
OrigineIrlande
Standard FCIn°120 (reconnu par la FCI en 1954)
ClassificationGroupe 7 : chiens d’arrêt, section 2 (britanniques et irlandais)
TailleMâles 58 à 67 cm · femelles 55 à 62 cm
Poids27 à 32 kg (mâle), 24 à 27 kg (femelle) : observé, non fixé au standard
RobeAcajou (rouge châtaigne), sans trace de noir ; petites marques blanches au poitrail, à la gorge, aux doigts ou étoile au front admises par le standard
Espérance de vie12 à 14 ans
Niveau d’éducationSensible et intelligent, mais besoin de dépense très élevé et maturité tardive
Prix indicatif800 à 1 300 € (jusqu’à 1 500 € pour lignées de champions, chiot LOF, relevé 07/2026)
Standard FCI n°120 (setter irlandais rouge), lu à la source. Le standard ne fixe pas de poids : la fourchette indiquée est observée.
En bref. Le setter irlandais rouge est un chien d’arrêt du groupe 7 de la FCI (n°120), énergique et affectueux, à la maturité tardive. Il exige une à deux heures de dépense par jour et un rappel travaillé tôt. Avant d’acheter, réclamez les tests ADN rcd1-PRA et CLAD des parents. À éviter si vous cherchez un chien calme, casanier ou vite adulte.

On tombe d’abord amoureux d’une robe. Le setter irlandais rouge a cette couleur acajou qui capte la lumière, une silhouette longue et fluide, une allure de gravure ancienne. Puis on le ramène à la maison, et on découvre l’autre moitié du chien : un athlète d’endurance conçu pour galoper des heures dans les champs, qui ne comprend pas pourquoi le canapé remplacerait la lande irlandaise. Le surnom de « diable rouge » ne vient pas de la couleur seule.

Le setter irlandais est-il fait pour vous ?

Il vous conviendra si…Passez votre chemin si…
Vous êtes sportif ou chasseur et cherchez un compagnon d’enduranceVous vivez en appartement sans possibilité de longues sorties quotidiennes
Vous pouvez offrir une à deux heures de dépense réelle par jour, tous les joursVous voulez un chien « facile » et vite mature
Vous aimez un chien démonstratif, joyeux, très attaché à sa familleVous supportez mal les poils et l’entretien d’un poil mi-long
Vous acceptez une éducation en douceur, sans brusquerie, sur la duréeVous n’êtes pas prêt à vérifier les tests ADN des parents avant d’acheter
Une lecture honnête avant le coup de cœur. Le setter récompense un mode de vie actif et punit la sédentarité.

Un chien d’arrêt, pas un chien d’appartement

Le setter irlandais appartient au groupe 7 de la FCI, celui des chiens d’arrêt. Ce n’est pas une étiquette décorative. La race a été sélectionnée pendant des siècles pour quêter le gibier à plume sur de vastes surfaces, à vive allure, avec ce style aérien qui fait sa réputation chez les chasseurs. Ce moteur est toujours là, y compris chez le chien de compagnie qui n’a jamais vu un fusil.

Concrètement, un setter sous-dépensé devient un chien anxieux, destructeur et bruyant. Ce n’est pas de la bêtise, c’est une énergie qui ne trouve pas de sortie. Je le dis sans détour à qui m’interroge : cette race n’est pas un choix de confort. Elle demande un vrai budget de temps, une à deux heures d’activité par jour, tous les jours, pas seulement le week-end. En échange, elle donne un compagnon d’une gaieté et d’un attachement rares.

Origines : le diable rouge d’Irlande

Les Irlandais sélectionnent des chiens d’arrêt dès le 17e et le 18e siècle, à partir du setter irlandais rouge et blanc et, selon l’aperçu historique du standard FCI, d’un chien à robe rouge unie dont l’origine reste discutée. Au 19e siècle, deux variétés se séparent nettement : le setter irlandais rouge uni, celui de cette fiche, et le setter irlandais rouge et blanc, plus rare et aujourd’hui reconnu comme une race distincte.

L’Irish Red Setter Club est fondé à Dublin en 1882 et publie le premier standard de la race en 1886. La Fédération cynologique internationale reconnaît définitivement la race en 1954. La robe acajou uniforme, longtemps discutée face aux partisans du rouge et blanc, devient la signature de la variété rouge. Le chien séduit vite au-delà de la chasse, par sa beauté et son tempérament, ce qui explique sa diffusion comme chien de famille au 20e siècle.

Caractère : ce que dit le standard

Le standard FCI décrit un chien vif, intelligent, énergique, affectueux et fidèle. C’est un tempérament démonstratif : le setter irlandais aime intensément sa famille, supporte mal la solitude, et reste enjoué très longtemps. Sa maturité est tardive : il conserve un comportement de chiot bien au-delà de sa première année, ce qui surprend les maîtres qui attendaient un adulte posé à douze mois.

Cette sensibilité a une conséquence directe sur l’éducation. Le setter encaisse mal la brusquerie et se ferme sous la contrainte. Il donne le meilleur avec un cadre clair, de la constance et beaucoup de renforcement positif. Pour approfondir la méthode, voir notre guide de l’éducation canine positive.

Compatibilité : enfants, chats, autres chiens

Avec les enfants, le setter irlandais est généralement un excellent compagnon : patient, joueur, rarement agressif. Sa taille et son exubérance demandent seulement de surveiller les interactions avec les tout-petits, qu’un élan de joie peut renverser. Avec les autres chiens, il est le plus souvent sociable, à condition d’avoir été correctement socialisé chiot, sujet détaillé dans notre article sur la socialisation du chiot.

Le point de vigilance, c’est l’instinct de prédation. Un chien d’arrêt reste programmé pour repérer et fixer le gibier à plume. La cohabitation avec un chat de la maison est possible si le chien y a été habitué tôt, mais un setter peut poursuivre un oiseau, un rongeur ou un chat inconnu au jardin. Le rappel se travaille donc avec sérieux et précocité.

Santé : rcd1-PRA et CLAD, les deux tests ADN non négociables

Le setter irlandais est globalement rustique, avec une espérance de vie de douze à quatorze ans, mais deux maladies héréditaires portent son nom dans la littérature vétérinaire, et toutes deux se dépistent par un simple test ADN. Exiger ces résultats sur les parents avant d’acheter n’est pas une précaution de luxe, c’est la base.

Les deux tests ADN à exiger

DépistageCe qu’il concernePourquoi il est décisif
Test ADN rcd1-PRAAtrophie rétinienne progressive de forme précoce (mutation au codon 807 du gène PDE6B)La maladie rend le chien aveugle avant deux ans. Le test ADN a fait chuter son incidence dans la race : il n’y a aucune raison d’y échapper.
Test ADN CLADDéficit d’adhérence leucocytaire canin (gène ITGB2), une immunodéficience héréditaireUn chiot atteint enchaîne les infections graves et survit rarement. Le test des reproducteurs élimine le risque.
Dépistage dysplasie de la hancheMalformation articulaire héréditaireLe dépistage radiographique des reproducteurs, lu par un lecteur officiel, réduit la transmission.
Vigilance torsion d’estomacDilatation-torsion (chien à poitrail profond)Pas de test, mais une urgence vitale (voir ci-dessous).
Les dépistages à réclamer à l’éleveur. Un éleveur sérieux les présente sans qu’on ait à insister.

Ces deux tests sont le socle, pas la liste complète. Selon la lignée et le pays, demandez aussi le statut PRA-rcd4 (gène C2orf71, une atrophie rétinienne plus tardive), ainsi que les dépistages officiels des hanches, des coudes et un examen ophtalmologique. Un point souvent mal compris : un chien porteur n’est pas forcément à écarter. Marié à un reproducteur indemne, il ne peut pas produire de chiot atteint. Ce qui compte, c’est de vérifier que le croisement est sûr, pas d’exiger deux parents « non porteurs » à tout prix.

Torsion d’estomac : l’urgence à connaître

Comme tous les grands chiens à poitrail profond, le setter irlandais est exposé à la dilatation-torsion de l’estomac, une urgence vitale où l’estomac se remplit de gaz et se retourne. Sans intervention en quelques heures, elle est mortelle. On réduit le risque en fractionnant la ration en deux repas, en posant la gamelle au sol plutôt qu’en hauteur, et en évitant l’effort intense dans l’heure qui suit le repas. Les signes qui doivent faire foncer chez le vétérinaire : ventre gonflé et dur, tentatives de vomissement sans résultat, agitation, salivation, abattement soudain.

Deux autres points méritent l’œil : les otites, favorisées par les oreilles tombantes et le poil, et une sensibilité à l’hypothyroïdie avec l’âge. Rien d’insurmontable avec un suivi vétérinaire régulier et un contrôle des oreilles après chaque sortie en nature. Un setter doit aussi rester sec et musclé toute sa vie : pour vérifier qu’il est à son poids de forme, voir notre guide du poids idéal et de la cotation corporelle.

Robe et entretien : l’acajou demande du travail

Le poil mi-long, soyeux et frangé aux oreilles, aux membres et à la queue, est magnifique et exigeant. Comptez un brossage deux à trois fois par semaine pour éviter les nœuds, davantage en période de mue. Les franges accrochent tout : herbes, épillets, boue. Après une sortie à la campagne, l’inspection des oreilles et des espaces entre les coussinets n’est pas optionnelle, notamment à cause des épillets qui s’enfoncent et s’infectent.

Le setter perd ses poils, comme tout chien à poil mi-long : ce n’est pas la race d’un intérieur immaculé. Un bain ponctuel suffit ; laver trop souvent abîme le poil et sa protection naturelle.

Éducation et dépense

Trois mots résument l’éducation d’un setter irlandais : douceur, constance, patience. Sa sensibilité fait merveille en méthode positive et s’effondre sous la brusquerie. Sa maturité tardive impose de répéter longtemps, sans se décourager, ce qu’un chien plus vite adulte aurait intégré en quelques mois.

Le rappel, le chantier numéro un

Chez ce chasseur né, le rappel est la priorité absolue. Un setter lancé sur une piste d’oiseau devient temporairement sourd au monde : l’instinct de quête prend le dessus. Il faut donc bâtir un rappel solide avant que cet instinct ne s’installe, dès les premières semaines, en associant le retour à quelque chose de très gratifiant et en ne le rappelant jamais pour mettre fin au plaisir. Tant que le rappel n’est pas fiable, la liberté se travaille avec une longe, pas en pariant sur la chance.

Côté dépense, oubliez la promenade en laisse autour du pâté de maisons. Un setter a besoin de courir, idéalement en liberté dans un espace sûr, de pister, de chercher. Les sports canins qui sollicitent le flair et la course lui conviennent particulièrement : le field-trial, l’épreuve reine des chiens d’arrêt, mais aussi le pistage, le cani-cross ou la recherche utilitaire. Un chien fatigué physiquement et mentalement est un chien équilibré à la maison ; l’inverse est une source de troubles.

Prix et budget

Un chiot setter irlandais rouge inscrit au LOF se situe le plus souvent entre 800 et 1 300 €, et grimpe jusqu’à 1 500 € pour des lignées de champions avec tests complets, selon l’élevage, la lignée et les tests réalisés sur les parents (relevé de juillet 2026). Un prix nettement plus bas doit alerter : il signale souvent l’absence de dépistages, une fausse économie qui peut coûter très cher en frais vétérinaires.

Au prix d’achat s’ajoute le budget courant d’un grand chien actif : alimentation de qualité adaptée à la dépense, à estimer avec notre calculateur de ration, soins vétérinaires, antiparasitaires, et l’entretien du poil. Le setter n’est pas un chien coûteux à l’usage, mais c’est un grand format qui mange en conséquence.

Avant d’acheter : la checklist

  • Demander les résultats ADN rcd1-PRA et CLAD des deux parents et vérifier que leur croisement ne peut pas produire de chiot atteint (un porteur marié à un sujet indemne reste acceptable).
  • Vérifier le dépistage officiel de la dysplasie de la hanche des reproducteurs.
  • Voir la mère avec la portée, dans un environnement propre et stimulant, jamais sur un parking.
  • S’assurer que les chiots sont identifiés, vaccinés, vermifugés et inscrits au LOF.
  • Évaluer honnêtement votre disponibilité : une à deux heures de dépense par jour, sur douze à quatorze ans.
  • Préparer le rappel et la socialisation dès l’arrivée, avant que l’instinct de quête ne s’installe.

Questions fréquentes sur le setter irlandais

Le setter irlandais peut-il vivre en appartement ?

C’est possible mais rarement une bonne idée. Un setter peut s’accommoder d’un appartement à une condition stricte : une à deux heures de dépense réelle par jour, en extérieur, tous les jours. Sans cela, l’énergie non dépensée se transforme en aboiements, destructions et anxiété. La maison ne fatigue pas ce chien, seule l’activité le fatigue.

Le setter irlandais est-il un bon chien de famille ?

Oui, c’est même l’une de ses grandes qualités. Affectueux, patient avec les enfants, joueur et sociable, il s’attache intensément à sa famille. Deux réserves : son exubérance peut bousculer un tout-petit, et il supporte mal la solitude prolongée. C’est un chien qui veut vivre avec les siens, pas au fond du jardin.

Quels sont les problèmes de santé du setter irlandais ?

Deux maladies héréditaires dominent, toutes deux dépistables par test ADN : l’atrophie rétinienne progressive de forme précoce (rcd1-PRA), qui rend aveugle avant deux ans, et le déficit d’adhérence leucocytaire (CLAD), une immunodéficience mortelle chez le chiot atteint. S’y ajoutent la dysplasie de la hanche, un risque de torsion d’estomac lié au poitrail profond, et une sensibilité aux otites.

Le setter irlandais est-il facile à éduquer ?

Il est intelligent et veut plaire, mais sa sensibilité et sa maturité tardive demandent de la patience. Il apprend vite en méthode positive et se ferme sous la contrainte. Le rappel est le chantier prioritaire, à commencer très tôt, car l’instinct de chasse peut le rendre sourd à l’appel une fois lancé sur une piste.

Quelle différence entre le setter irlandais rouge et le rouge et blanc ?

Ce sont deux races distinctes à la FCI. Le setter irlandais rouge (n°120) porte une robe acajou uniforme et est de loin le plus répandu. Le setter irlandais rouge et blanc (n°330), plus trapu et plus rare, arbore une robe blanche à taches rouges. Les deux partagent les origines irlandaises et l’aptitude à l’arrêt.

Sources

  • FCI : Standard n°120, setter irlandais rouge : origine, classification (groupe 7), taille, robe, caractère
  • Kennel Club et clubs de race : dépistages recommandés avant reproduction (rcd1-PRA, CLAD, dysplasie de la hanche)
  • Kijas JW et coll., « Frequency of the codon 807 mutation in the PDE6B gene in Irish setters », Journal of Heredity, 1999 : 7,8 % de porteurs rcd1-PRA mesurés sur 436 setters. Gènes en cause : PDE6B (rcd1-PRA), C2orf71 (rcd4-PRA), ITGB2 (CLAD)
  • Relevé de prix des chiots LOF sur les plateformes d’éleveurs français (Chiens-de-France), juillet 2026

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Points de vigilance

Atrophie rétinienne progressive rcd1-PRA (test ADN, cécité avant 2 ans), déficit d'adhérence leucocytaire CLAD (test ADN), dysplasie de la hanche, torsion d'estomac (poitrail profond), otites, besoin de dépense très élevé

Conseils d'éducation

Méthode positive, constance et patience : le setter se ferme sous la brusquerie. Le rappel est la priorité absolue, à travailler très tôt avant que l'instinct de quête ne domine.

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