Le yorkshire terrier, souvent appelé simplement « yorkie », est l’une des races toy les plus populaires au monde. Derrière son allure de chien de salon, pelage long et soyeux parfois retenu par un petit nœud, se cache un véritable terrier au tempérament affirmé, hérité de ses ancêtres ratiers des filatures et ateliers du nord de l’Angleterre. C’est précisément ce décalage entre l’image de chien décoratif et le caractère de terrier qui explique la plupart des difficultés rencontrées avec cette race.
Histoire du yorkshire terrier, du ratier anglais à l’icône mondiale
Le yorkshire terrier est originaire du comté de Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, au milieu du dix-neuvième siècle. Son développement est lié à la Révolution industrielle : selon la tradition la plus répandue, des tisserands venus d’Écosse ont amené avec eux leurs petits terriers en migrant vers les régions industrielles anglaises. Ces chiens, croisés avec d’anciens terriers locaux, ont donné un ratier efficace chargé d’éliminer les rongeurs dans les filatures et les ateliers. La petite taille était un atout fonctionnel, pas esthétique.
Le premier standard de la race a été établi en 1898 par le Yorkshire Terrier Club britannique. Au fil du vingtième siècle, la race s’est raffinée esthétiquement et a perdu progressivement sa fonction de travail pour devenir un chien de compagnie de prestige. La Fédération Cynologique Internationale reconnaît le yorkshire terrier sous le standard numéro 86, dont la version en vigueur a été publiée le 10 novembre 2011, dans le groupe 3 (terriers), section 4 (terriers de type toy).
Morphologie
- Hauteur au garrot : environ 20 à 23 cm
- Poids adulte : jusqu’à 3,1 kg selon le standard FCI, typiquement 2 à 3 kg
- Pelage long, soyeux, tombant de chaque côté du corps, de couleur bleu acier foncé sur le dos et fauve doré sur la tête et les membres
- Oreilles petites, triangulaires, dressées
- Pas de sous-poil, ce qui réduit la perte de poils
Le pelage est caractéristique et demande un entretien rigoureux pour maintenir son aspect. De nombreux propriétaires optent pour une coupe courte utilitaire qui simplifie grandement le quotidien tout en conservant la silhouette générale de la race.
Caractère du yorkshire terrier
Le standard FCI décrit le yorkshire comme un chien vif, intelligent, fidèle, très vigilant. Dans la vie quotidienne, c’est un véritable terrier concentré dans un petit format, ce qui surprend les propriétaires qui l’imaginaient comme un chien passif.
Traits principaux :
- Extrêmement attaché à son propriétaire, souvent à une personne de référence
- Courageux voire téméraire, ignore sa propre taille
- Vocal, aboie volontiers pour alerter ou défendre son territoire
- Intelligent, rapide d’apprentissage mais parfois têtu
- Méfiant avec les inconnus, peut être réservé ou même agressif si mal socialisé
- Instinct de chasse marqué envers les petits animaux (souris, oiseaux, parfois chats)
- Peut développer des comportements de contrôle et de garde excessive en cas de surprotection
- Sensible au froid et au vent en raison de l’absence de sous-poil
Comme pour les autres races toy, le principal piège est la surprotection. Beaucoup de propriétaires de yorkshire traitent leur chien comme un accessoire, le portent constamment et ne lui permettent pas une socialisation normale. Le résultat est souvent un adulte réactif, peureux ou agressif envers les inconnus et les autres chiens.
Le yorkshire fait partie des races chez qui ce mécanisme s’observe le plus souvent : un chien porté à chaque rencontre, jamais autorisé à régler lui-même ses interactions, qui finit par aboyer ou se crisper dès qu’un congénère approche. Le plus souvent, c’est le maître qu’il faut faire évoluer avant le chien. À l’inverse, beaucoup de propriétaires sont surpris de voir leur yorkshire détaler à pleine vitesse derrière un pigeon : l’instinct de ratier est intact, et il vaut mieux le canaliser que prétendre qu’il n’existe pas.
Santé et espérance de vie
Le yorkshire bénéficie de la bonne longévité des petites races. Espérance de vie : 13 à 16 ans, parfois plus. Comme toujours sur une fiche de race, la liste qui suit recense des prédispositions de la race, pas une fatalité : la majorité des yorkshire correctement suivis vivent en bonne santé.
Prédispositions les plus fréquentes :
- Luxation de rotule (très fréquente chez les petits gabarits)
- Collapsus trachéal (harnais fortement recommandé plutôt que collier)
- Problèmes dentaires liés à l’encombrement et au tartre, à surveiller toute la vie
- Trachéite chronique
Prédispositions moins fréquentes mais à connaître :
- Maladie de Legg-Calvé-Perthes (affection de la hanche du jeune chien)
- Hypoglycémie chez le chiot toy
- Pancréatite
- Shunt porto-systémique (malformation vasculaire du foie) : rare en valeur absolue, mais le yorkshire est l’une des races les plus prédisposées, d’où l’intérêt d’un dépistage à l’achat
Disclaimer vétérinaire : les informations santé présentes dans cette fiche sont indicatives et ne remplacent pas la consultation d’un vétérinaire diplômé.
Éducation et vie quotidienne
L’éducation du yorkshire terrier suit les principes du renforcement positif (voir le guide complet de l’éducation canine positive en 2026). Les points d’attention :
- Socialisation précoce et bien encadrée entre 8 et 16 semaines, en particulier avec d’autres chiens, y compris de grand format
- Éducation à la propreté parfois plus longue en appartement
- Gestion active de l’aboiement dès le chiot
- Pas de surprotection, le chien doit marcher sur ses pattes
- Limites claires sur les comportements de garde possessive des jouets ou de la nourriture
Vie en appartement : parfaitement adapté grâce à son très petit format. Sorties de 30 à 45 minutes par jour suffisent, réparties en deux ou trois balades. Attention au froid en hiver, un manteau léger est utile en raison de l’absence de sous-poil.
Entretien du pelage : brossage quotidien pour le pelage long, ou toilettage professionnel régulier si coupe utilitaire. Le toilettage représente un budget non négligeable sur la durée.
Prix et adoption
Les grilles tarifaires 2026 des éleveurs français situent le yorkshire terrier LOF dans une fourchette de 1 200 à 2 000 euros chez les élevages sérieux, avec une moyenne autour de 1 400 à 1 700 euros. Éviter absolument les annonces « teacup » ou « micro yorkshire » qui promeuvent des chiens encore plus petits, fragiles et souvent issus d’élevages peu éthiques.
Critères avant achat : inscription LOF, dépistage luxation rotule et Legg-Calvé-Perthes des parents, test shunt porto-systémique si possible, conditions d’élevage visibles, socialisation précoce.
Budget mensuel adulte : 40 à 80 euros pour l’alimentation et le préventif, plus les frais de toilettage selon la configuration choisie.
Questions fréquentes sur le yorkshire terrier
Le yorkshire est-il un bon chien de famille ?
Adapté à une famille avec enfants d’âge scolaire (à partir de 7-8 ans) qui comprennent la fragilité du chien. Peu adapté aux tout-petits en raison du risque physique et de la possible réactivité du chien face aux manipulations brusques.
Le yorkshire perd-il ses poils ?
Très peu. L’absence de sous-poil et la structure du pelage font que la mue est minimale, ce qui en fait une des races les mieux tolérées par les personnes allergiques (sans être totalement hypoallergénique). L’entretien régulier du pelage reste indispensable pour éviter les nœuds.
Combien coûte un yorkshire LOF ?
Entre 1 200 et 2 000 euros chez un éleveur sérieux, moyenne autour de 1 400 à 1 700 euros. Les annonces à prix plus bas ou très élevés (teacup) sont à éviter.
Le yorkshire peut-il vivre en appartement ?
Oui, il est parfaitement adapté à l’appartement grâce à son très petit format et ses besoins d’activité modérés. La gestion de l’aboiement dès le chiot est importante pour la bonne entente avec les voisins.
Quelle est l’espérance de vie du yorkshire ?
Entre 13 et 16 ans en moyenne, avec certains sujets atteignant 18 ans. Une excellente longévité pour une race canine, liée à son petit format, à condition de maintenir une vraie vigilance dentaire, respiratoire et orthopédique tout au long de sa vie.
Le yorkshire aboie-t-il beaucoup ?
Oui, c’est une race naturellement vocale héritée de sa fonction de ratier et de gardien. Un travail d’éducation dès le chiot permet de canaliser ce trait. La race peut être problématique en copropriété si l’aboiement n’est pas géré activement.
Le yorkshire est-il fragile ?
Physiquement oui. Son très petit format le rend vulnérable aux chutes, coups de pied, manipulations brusques. Les soins dentaires et l’entretien du pelage demandent aussi une attention régulière. Les problèmes de santé documentés (luxation rotule, collapsus trachéal) ajoutent une vigilance nécessaire.
Le yorkshire est-il adapté à un débutant ?
Possible à condition de ne pas tomber dans le piège de la surprotection et de traiter le chien comme un vrai chien avec une éducation sérieuse. Un débutant qui socialise correctement son yorkshire et gère l’aboiement peut parfaitement réussir.
Sources et pour aller plus loin
- Fédération Cynologique Internationale — Standard FCI n°86, Yorkshire Terrier (version en vigueur du 10 novembre 2011)
- Société Centrale Canine — organisme officiel du chien de race en France (LOF)